Et elle avait hurlé.
À l'approche de la mort, elle avait fuit, craignant de ne pas supporter. Elle avait trop pleuré et j'étais devenue spectatrice de son malheur. Assise à côté d'elle, je l'avais serré de toutes mes forces, étreignant sa tristesse et balayant ses pleurs. Et j'avais cru la consoler, je l'avais voulu plus que tout au monde, mais les efforts n'avaient pas vaincu les excès de peine. Parfois tout se bouscule, s'oppose et seuls, on se retrouve au milieu de rien.
Et elle avait cru mourir.
Lorsque le départ avait sonné, elle s'était accrochée. Et peu importait sa force, la puissance de l'obligation l'avait arraché à ce qu'elle aimait le plus. Ce n'était plus la tristesse dû à la vie. Ce n'était plus un malheur dû à la fatalité, mais un trou immense et vide qui s'était creusé dans sa poitrine. Poignardant petit à petit chaque particules qui l'empêchait de se laisser tomber. Telle un zombie sur une terre trop grande pour y errer, elle scrutait chaque personnage, à la recherche d'une ouverture. Trébuchant parfois, se relevant difficilement, toujours un peu plus courbée.
Comme perdue dans sa musique, comme plongée dans les mensonges d'un bon livre, elle avait vu défiler les heures, puis les semaines et enfin les mois sans jamais se redresser.
Et elle avait vécu.
Le visage hagard et les yeux abîmés, elle avait croisé mon regard. Ne sachant pas vraiment quoi faire, elle avait couru et s'était jetée dans mes bras. Les hurlements n'avaient pas cessé, mais au moins, elle était vivante.
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# Posté le jeudi 01 octobre 2009 13:49

Modifié le lundi 09 novembre 2009 10:50

Debout sur le ponton, je regarde vers l'inconnu. Je suis au même endroit depuis des heures et sans bouger je revis. Le calme berce mon esprit et la douce brise vient frôler mon visage. Je suis perdue, encombrée d'une admiration qui ne cesse de grandir. L'eau est calme et seul un léger courant vient perturber le reflet des montagnes. J'ignore pourquoi et comment je me retrouve ici à parler paysage, je sais seulement maintenant ce que guérir signifie. Mes yeux se déplacent lentement à la recherche d'autres merveilles. Les nénuphars sont encore fermés et bientôt, lorsque le soleil qui se lève à peine, brillera fort dans le ciel, ils s'ouvriront au monde et déploieront leur beauté. Mes pensées s'égarent et, loin de rester cohérentes, m'entrainent là où tout a commencé. Les souvenirs arrivent en vagues. Maintenant assise, je laisse échapper un soupir, essayant tant bien que mal de contrôler ma mémoire. J'avais peur des vagues, froid à cause du vent glacial qui soufflait sur mes joues, mal mais je me voyais m'amuser aussi, prise de fou-rire incontrôlables, aimant souvent trop fort et le regrettant parfois, j'avais eu l'impression de vivre autant que possible. Des images réapparaissaient et ce qui restait, c'était cette vieille femme au regard attendri que souvent j'observais, ou encore cette odeur qui le soir me faisait rêver, c'était cette jeune fille qui m'avait tant donné, mais un peu trop repris, les couleurs de l'été qui me réveillaient le matin et m'endormaient l'après-midi. J'avais le parfum des fleurs enfermé dans ma tête et l'odeur du soleil coincée dans le c½ur. Peu de choses manquaient, et pourtant j'avais la ferme impression que tout allait changer. Doucement je me relevai, m'éloignant de mon point de bonheur et me détournant, je portai un dernier regard à mes pensées.

# Posté le lundi 31 août 2009 20:58

Modifié le samedi 19 septembre 2009 18:26

J'ai passé des journées voir des mois à vouloir l'expliquer, à essayer de comprendre pourquoi l'incohérence de notre passion se répercutait sur mes mots, pourquoi la beauté de ton visage se brisait sur mon coeur [corps], pourquoi la réussite d'un clichet me plongeait dans le flou. Et mon esprit se blesse, avide de possibilités. Il y a des moments, des gens, des choses qu'on ne peut décrire ou photographier. Malheureusement ce sont souvent les plus beaux. Les gens ont peur de l'echéance, de la réalité. Certains ont peur de les oubliers, d'autres les rejettent et la majorité ne se rend même pas compte que leurs instants disparaîssent... J'aime m'en souvenir, sentir que chaque évènement de m'echappera plus jamais. Les moments les plus importants ne se photographient pas, c'est vrai. Et pourtant, chaque jour, j'attends que ton visage me quitte. En vain, car après tout, ça n'a rien de beau, c'est splendide.
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# Posté le samedi 01 août 2009 15:45

Modifié le lundi 09 novembre 2009 10:46

Elle avait eu, plus jeune, l'habitude d'accrocher les regards. Sans vraiment le vouloir elle savait éblouir le pauvre passant, ou réussissait à narguer la voisine un peu trop fière. Evitant le bruit, marchant à pas discret et faisant voler son ombre légère, elle avançait d'amour et de grâce. En grandissant je m'étais attaché à ce regard et aux détails de ses mouvements pour à mon tour, apprendre à combler les esprits. Mes yeux se promenaient, laissant à chacun un peu de ma couleur. Et plus je m'attardais sur les yeux de certains, mieux je la comprenais. Mon bonheur reposant sur le sien, elle était l'essence même de ma douleur. Chaque larme brisant l'insouciance de ma vie. Avouant alors que tout n'était pas toujours parfait, et laissant tomber nos idéaux, parfois, j'avais toujours réussi à l'aimer. Plus fort que tout, me serrant dans ses bras quand tout semblait partir en fumer. C'était ses mots, son savoir et sa beauté qui la rendaient unique. Elle n'avait rien de commun, rien d'évident et il était peu facile de la décrire, mais bizarrement, elle représentait ma vie. Ce n'était pas grand chose, c'était tout.

# Posté le jeudi 09 juillet 2009 19:10

Modifié le samedi 19 septembre 2009 18:28

Ce que le Jour doit à la Nuit.

Il n'y avait pas grand chose à dire. Juste quelques ratés, de petites erreurs à relater pour ne pas perdre les miettes de son histoire. Car même le pire provient du meilleur.
Souvent elle regrettait. Jamais d'avoir été bête et inconsciente, jamais d'avoir trop vécu. Seulement d'avoir hésité. Et aujourd'hui elle s'en mordait les doigts... À regarder les autres, elle avait oublié de choisir et s'était retrouvée sur le pas de la porte sans oser frapper. Elle savait pourtant ce qu'il y avait derrière, ça n'avait rien d'effrayant. Au contraire, c'était sans doute la plus belle chose qui lui soit arrivé dans la vie, seulement la beauté d'une aventure avait réussi à la briser et au final les morceaux de douleur qu'elle avait longtemps tenu à l'écart s'étaient rassemblés pour la freiner.
C'était ce qu'il devait à ses nuits. Seulement la porte n'avait pas attendu son appel pour s'ouvrir et lorsqu'enfin la parole lui était revenue, tout ce qu'elle avait tant voulu dire n'avait plus aucun sens. Que dire lorsque le Jour détruit la Nuit, que dire lorsque l'Amour n'est plus qu'une excuse, que dire lorsque la porte s'ouvre trop vite, si vite qu'en un coup de vent les larmes et le silence ont plus de signification que ses mots. Alors, elle avait hésité, et jusqu'au bout était restée silencieuse. Pas besoin de mots pour détruire quelqu'un. C'est ce qu'il lui avait appris, et elle devait bien avouer que la formule était efficace. Elle aurait voulu choisir, ne pas le laisser filer. Elle n'aurait rien gagné, mais en jouant, elle aurait sans doute eu le plaisir de souffrir encore un peu. Et la violence de ton amour, frappe mon coeur d'une folie nommée Toujours.

# Posté le lundi 22 juin 2009 18:22

Modifié le mercredi 24 juin 2009 18:29