J'ai eu un flash. De ceux qui trompent. Tu sais, de ceux qui tuent les illusions d'un coup, qui ne te laissent même pas le temps de rêver.
Je pleurais souvent la nuit. Et lorsque je me réveillais, c'est ta place qui était pleine de larmes.
Je me demande si ça se voit. La tristesse.
Mes yeux étaient-ils petits, mes joues rouges, ou mon sourire un peu cassé? Ma voix s'était-elle brisée lorsque seule j'avais voulu dire ton nom?
La colère était restée enfouie. Les larmes n'avaient coulé qu'une seconde et pourtant mon c½ur regorgeait de douleur. Et je t'avais haï. Détesté comme jamais, comme personne. De tout mon être qui à cet instant ne demandait qu'à disparaître. Haï d'être partie, de me laisser seule, et de prendre avec toi la meilleure partie de moi-même. C'était une torture. Un chagrin continu et oppressant qui ne cessait de dévorer nos rêves et mon amour.
Mais la douleur nous transforme. Je n'en avais rien à foutre de Dieu, de l'éternité, des plaisirs simples, de la raison, du bonheur. De toute façon, le mien s'était perdu en route. Alors je les observais, je regardais à quel point leur innocence pouvait être ridicule et leurs mots sans signification. Je me savais cruelle, cynique parfois mais le temps nous entraine. Enfin il paraît... Et j'avais beau vivre et rester de glace, l'apparence compensait l'insoutenable. Vivre sans toi ne convenait qu'à reculer à chaque pas fait vers l'avant. C'était sourire sans les dents, pleurer avec trop de larmes, chercher l'introuvable et t'aimer sans te le dire. Ca se résumait à l'insoutenable.

La Foule étouffe mon corps de poupée. Elle m'entoure et me serre sans cesser d'avancer. Et moi je reste là, stoïque, et profondément inconsolable. Petit à petit nos rêves s'évaporent et nos idées se fanent. Doucement je me brise. La fragilité et la délicatesse ne me définissent pas. Mais toi tu sais bien. Le marbre aussi s'abime.

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# Posted on Tuesday, 24 November 2009 at 2:08 PM




Et elle avait hurlé.
À l'approche de la mort, elle avait fuit, craignant de ne pas supporter. Elle avait trop pleuré et j'étais devenue spectatrice de son malheur. Assise à côté d'elle, je l'avais serré de toutes mes forces, étreignant sa tristesse et balayant ses pleurs. Et j'avais cru la consoler, je l'avais voulu plus que tout au monde, mais les efforts n'avaient pas vaincu les excès de peine. Parfois tout se bouscule, s'oppose et seuls, on se retrouve au milieu de rien.
Et elle avait cru mourir.
Lorsque le départ avait sonné, elle s'était accrochée. Et peu importait sa force, la puissance de l'obligation l'avait arraché à ce qu'elle aimait le plus. Ce n'était plus la tristesse dû à la vie. Ce n'était plus un malheur dû à la fatalité, mais un trou immense et vide qui s'était creusé dans sa poitrine. Poignardant petit à petit chaque particules qui l'empêchait de se laisser tomber. Telle un zombie sur une terre trop grande pour y errer, elle scrutait chaque personnage, à la recherche d'une ouverture. Trébuchant parfois, se relevant difficilement, toujours un peu plus courbée.
Comme perdue dans sa musique, comme plongée dans les mensonges d'un bon livre, elle avait vu défiler les heures, puis les semaines et enfin les mois sans jamais se redresser.
Et elle avait vécu.
Le visage hagard et les yeux abîmés, elle avait croisé mon regard. Ne sachant pas vraiment quoi faire, elle avait couru et s'était jetée dans mes bras. Les hurlements n'avaient pas cessé, mais au moins, elle était vivante.
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# Posted on Thursday, 01 October 2009 at 1:49 PM

Edited on Monday, 09 November 2009 at 10:50 AM

Debout sur le ponton, je regarde vers l'inconnu. Je suis au même endroit depuis des heures et sans bouger je revis. Le calme berce mon esprit et la douce brise vient frôler mon visage. Je suis perdue, encombrée d'une admiration qui ne cesse de grandir. L'eau est calme et seul un léger courant vient perturber le reflet des montagnes. J'ignore pourquoi et comment je me retrouve ici à parler paysage, je sais seulement maintenant ce que guérir signifie. Mes yeux se déplacent lentement à la recherche d'autres merveilles. Les nénuphars sont encore fermés et bientôt, lorsque le soleil qui se lève à peine, brillera fort dans le ciel, ils s'ouvriront au monde et déploieront leur beauté. Mes pensées s'égarent et, loin de rester cohérentes, m'entrainent là où tout a commencé. Les souvenirs arrivent en vagues. Maintenant assise, je laisse échapper un soupir, essayant tant bien que mal de contrôler ma mémoire. J'avais peur des vagues, froid à cause du vent glacial qui soufflait sur mes joues, mal mais je me voyais m'amuser aussi, prise de fou-rire incontrôlables, aimant souvent trop fort et le regrettant parfois, j'avais eu l'impression de vivre autant que possible. Des images réapparaissaient et ce qui restait, c'était cette vieille femme au regard attendri que souvent j'observais, ou encore cette odeur qui le soir me faisait rêver, c'était cette jeune fille qui m'avait tant donné, mais un peu trop repris, les couleurs de l'été qui me réveillaient le matin et m'endormaient l'après-midi. J'avais le parfum des fleurs enfermé dans ma tête et l'odeur du soleil coincée dans le c½ur. Peu de choses manquaient, et pourtant j'avais la ferme impression que tout allait changer. Doucement je me relevai, m'éloignant de mon point de bonheur et me détournant, je portai un dernier regard à mes pensées.

# Posted on Monday, 31 August 2009 at 8:58 PM

Edited on Saturday, 19 September 2009 at 6:26 PM

J'ai passé des journées voir des mois à vouloir l'expliquer, à essayer de comprendre pourquoi l'incohérence de notre passion se répercutait sur mes mots, pourquoi la beauté de ton visage se brisait sur mon coeur [corps], pourquoi la réussite d'un clichet me plongeait dans le flou. Et mon esprit se blesse, avide de possibilités. Il y a des moments, des gens, des choses qu'on ne peut décrire ou photographier. Malheureusement ce sont souvent les plus beaux. Les gens ont peur de l'echéance, de la réalité. Certains ont peur de les oubliers, d'autres les rejettent et la majorité ne se rend même pas compte que leurs instants disparaîssent... J'aime m'en souvenir, sentir que chaque évènement de m'echappera plus jamais. Les moments les plus importants ne se photographient pas, c'est vrai. Et pourtant, chaque jour, j'attends que ton visage me quitte. En vain, car après tout, ça n'a rien de beau, c'est splendide.
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# Posted on Saturday, 01 August 2009 at 3:45 PM

Edited on Monday, 09 November 2009 at 10:46 AM

Elle avait eu, plus jeune, l'habitude d'accrocher les regards. Sans vraiment le vouloir elle savait éblouir le pauvre passant, ou réussissait à narguer la voisine un peu trop fière. Evitant le bruit, marchant à pas discret et faisant voler son ombre légère, elle avançait d'amour et de grâce. En grandissant je m'étais attaché à ce regard et aux détails de ses mouvements pour à mon tour, apprendre à combler les esprits. Mes yeux se promenaient, laissant à chacun un peu de ma couleur. Et plus je m'attardais sur les yeux de certains, mieux je la comprenais. Mon bonheur reposant sur le sien, elle était l'essence même de ma douleur. Chaque larme brisant l'insouciance de ma vie. Avouant alors que tout n'était pas toujours parfait, et laissant tomber nos idéaux, parfois, j'avais toujours réussi à l'aimer. Plus fort que tout, me serrant dans ses bras quand tout semblait partir en fumer. C'était ses mots, son savoir et sa beauté qui la rendaient unique. Elle n'avait rien de commun, rien d'évident et il était peu facile de la décrire, mais bizarrement, elle représentait ma vie. Ce n'était pas grand chose, c'était tout.

# Posted on Thursday, 09 July 2009 at 7:10 PM

Edited on Saturday, 19 September 2009 at 6:28 PM